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samedi 26 août 2006
 
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Au sommaire du 4 août 2006

- Les sans-papiers aux prud’hommes
- Faux Témoignage à l’UMP
- La grève dure, mais les assureurs gagnent
- L’essentiel
- A la santé du CAC 40
- Sable mouvant
- Myrtilles amères à Parentis-les-Borne
- Des « records » scandaleux

Dans la rubrique Politique aujourd'hui

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A la santé du CAC 40

Bourse. + 13% pour Total, +20% pour Axa, 103% pour Danone...Les trés grandes entreprises françaises crèvent les plafonds de leurs bénéfices nets. Les salariés payent la note.

Toujours plus haut, toujours plus loin, toujours plus fort, mais jamais contents ! Depuis une dizaine de jours,

les fines fleurs

du CAC 40 livrent leurs résultats semestriels.

En dehors de secteurs industriels aussi emblématiques que l’automobile,

les indicateurs sont globalement

au beau fixe, voire extraordinaires comme chaque année pour

les banques,

les assurances et des groupes comme Danone ou Lafarge. « Certains secteurs ont réalisé

des performances incroyables », explique

à l’AFP, mais sous couvert d’anonymat,

un analyste boursier. Malgré un bénéfice semestriel de 7 milliards et des centaines de millions d’euros,

en hausse de 13 %

par rapport à 2005,

le pétrolier Total, qui demeure la plus grosse capitalisation de

la Bourse de Paris, aurait, nous dit-on, « déçu » les marchés, qui s’attendaient à une rente plus élevée encore, due

à la hausse constante

des prix du pétrole.

Mais qu’importe au fond puisque, comme

le confesse à l’AFP l’analyste boursier anonyme, les investisseurs n’ont pas trop mal pris les résultats les moins étincelants, en pensant qu’ils vont servir de « prétexte aux entreprises pour annoncer de nouvelles restructurations et redresser la barre sur

la fin de l’année ». Voilà les salariés des géants

du CAC 40 avertis !

Arcelor « La fusion nous inquiète » Michel Mainguy, secrétaire fédéral de FO métaux. « Le chiffre d’affaires a progressé de 20,6 %. Pourtant, les bénéfices du deuxième trimestre sont en nette baisse. La fusion Arcelor-Mittal Steel nous inquiète. Il est vrai que le groupe indien s’engage à n’appliquer aucun plan social en Europe. Mais les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Les analyses des résultats du groupe Arcelor doivent tenir compte des importantes disparités au sein des différents secteurs d’activités. Alors que le domaine automobile enregistre les bénéfices les plus importants, le secteur de l’emballage n’accorde qu’une croissance de 7 %. Arcelor a bien encaissé l’augmentation des coûts des matières premières et du pétrole en les répercutant directement sur les ventes faites aux clients. La direction exerce également un chantage auprès du gouvernement : le protocole de Kyoto, ratifié par la France, exige que les industries baissent le taux d’émission de gaz à effet de serre. En cas de réprimande de l’État sur nos émissions de CO2, la direction menace de délocaliser en Inde pour produire sans contrainte. » Axa « Certains agissements irresponsables » Michel Rizzo, coordinateur syndical national adjoint UNSA. « Gestion correcte et bon suivi des risques : le groupe d’assurance Axa est en très bonne santé. Il s’est toujours arrangé pour que tous les secteurs soient rentables, même si l’assurance vie rapporte plus que les autres. Axa exerce une constante et forte pression sur tous les coûts, y compris salariaux. Et c’est là que commencent les déceptions. Le projet baptisé Ambition 2012 vise à doubler le chiffre d’affaires et à tripler les bénéfices : ce qui laisse penser qu’une augmentation de la productivité et une croissance de la rentabilité seront nécessaires. Or, deux problèmes majeurs se posent. Le groupe mène depuis quelques années une politique de rigueur salariale malgré les bénéfices annuels importants. Ainsi, on nous refuse les augmentations visant à rehausser le pouvoir d’achat des salariés. Par ailleurs, les efforts du groupe pour combler les écarts entre les salaires des hommes et des femmes sont insuffisants. Sur les 16000 salariés d’AxaFrance, 30 % partiront à la retraite dans les cinq prochaines années. Pour les remplacer, des plates-formes sont créées dans des pays hors du territoire européen, où il n’y a pas de niveau minimal de Sécurité sociale à respecter et où les salaires sont très bas (400 euros pour un diplômé bac + 2 au Maroc). Ces agissements sont irresponsables car ils mettent en danger tous nos régimes de protection sociale. » BNP-Paribas « Partageons les fruits de la croissance » Jean-Claude Ristorcelli, délégué national adjoint CFDT. « C’est sans surprise. La croissance est la conséquence du rachat de la banque italienne BNL. Mais pas seulement... Elle est aussi le fruit du travail de l’ensemble des salariés, acteurs du développement de l’entreprise. C’est une bonne nouvelle, mais maintenant il faut partager les fruits de ces nouveaux chiffres. Quelques heures après la publication des bénéfices du groupe, nous avons adressé un courrier à la direction. Nous demandons l’ouverture de négociations salariales le plus tôt possible. En effet, selon une note interne de M. Baudouin Prot, le directeur général du groupe, “BNP Paribas a franchi un cap très important au cours du deuxième trimestre 2006. Nos revenus augmentent, pour l’ensemble du groupe, de plus de 40 % en un trimestre”. Aujourd’hui ce que nous voulons ce sont des mesures pérennes, notamment pour les 40 000 salariés du groupe en France. Nous voulons la revalorisation des salaires en fonction de l’indice des prix, la revalorisation spécifique des bas salaires, et une prime uniforme pour l’ensemble des salariés. » Danone « Des salariés smicardisés » Marie-Christine Eigeldinger, secrétaire fédérale de la CGT agro-alimentaire. « Le discours du groupe Danone se veut très ouvert. Il s’appuie sur une image grand public et une récupération des thèmes humanistes. La réalité est tout autre : on licencie en France et on réimporte à moindre coût des produits de l’étranger. Cette annee la hausse du chiffre d’affaire est le fruit d’une politique de restructurations et d’externalisations. En France, des licenciements sont pressentis dans les trois branches du groupe : biscuit, lait et eau minérale. La biscuiterie de Château-Thierry, qui emploie 300 personnes, est particulièrement menacée. Mais à l’aune des conflits sociaux passés, la direction de Danone emploie des méthodes plus « douces ». De fait, on assiste à une véritable smicardisation des salariés, dont près de 20% sont des travailleurs précaires. Non contente de délocaliser ses activités en Asie ou en Europe de l’Est, l’entreprise procède également à des réimportations de produits. Alors que la balance commerciale est déficitaire dans le domaine du biscuit, Danone réimporte de Pologne des produits. Dans une moindre mesure, on procède à des réimportations dans la filière laitière, alimentées par l’Espagne. Quant aux augmentations de coûts dues à la flambée du pétrole, et donc du plastique, elles sont directement répercutées sur les consommateurs, ou servent de motifs aux restructurations.  » Renault « Les oubliés des shows médiatiques » Philippe Noël, délégué syndical central CGT. « Renault a deux activités rentables : la production de véhicules et la communication. En dépit d’un bilan plutôt moyen, Carlos Ghosn réussit tout de même à faire monter le cours de l’action, multipliant les écrans de fumée, comme le rachat de General Motors. Renault demeure donc une entreprise très profitable et très rentable... pour les actionnaires. Et les grands oubliés des shows médiatiques de Carlos Ghosn, ce sont les salariés. Le fabricant d’automobiles s’appuie sur une bonne croissance externe, qui masque l’affaiblissement du marché domestique. En France, les ventes ne progressent pas, faute d’un renouvellement des modèles proposés. Les bénéfices sont portés par Nissan, dont la part dépasse 60 %. La Logan, produite par Dacia, offre également des marges importantes. Produite essentiellement en Roumanie, par des salariés payés 140 euros par mois, l’investissement est plus rentable que l’achat massif de robots. Renault mise également sur le volume des ventes : 800000 Logan sortiront des usines en 2008-2009. Carlos Ghosn a également lancé une politique de réduction des coûts. D’abord en termes de personnel : dans l’usine de fabrication de la Clio 2 à Flins, les intérimaires constituent près de 70 % des effectifs salariés. Et en termes d’achats : Carlos Ghosn a fixé comme objectif une réduction de 14 % sur trois ans, entendant faire pression sur les fournisseurs.  » Sanofi- Aventis « La finance contre le médicament » Thierry Bodin, délégué syndical central CGT. « Les fortes augmentations des bénéfices sont d’abord liées aux ventes internationales, aux États-Unis principalement, mais aussi dans des pays dits « émergents  », dont une partie de la population est très solvable, comme le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine. Les médicaments y sont vendus avec des marges très élevées, de l’ordre de 80 %. La recherche de nouveaux médicaments et la distribution dans les différents pays sont clairement adaptées au marché. Les maladies parasitaires, telles que le paludisme, qui sévissent dans les pays du Sud n’entrent pas dans les priorités. Les bons résultats s’expliquent également par une augmentation de la productivité des employés de l’entreprise. Si le nombre de salariés a très légèrement augmenté de par le monde, c’est principalement, sauf en France, dans le secteur commercial. D’ailleurs, en termes d’investissement, les coûts publicitaires dépassent les coûts de recherche. En France, certains secteurs d’activité ont vu leur effectif diminuer. Ainsi, les visiteurs médicaux qui conseillent les praticiens sont les plus touchés : cette année, plus d’une centaine d’entre eux ont quitté l’entreprise. En 2005, 600 postes avaient déjà été supprimés. Pendant ce temps, les dividendes augmentent de manière considérable : plus de 2milliards d’euros ont été redistribués aux actionnaires (+ 26 % par rapport à 2004). La primauté des exigences financières de l’ensemble de l’industrie pharmaceutique semble incompatible avec une industrie des médicaments au service des populations.  » Société générale « Les contrats précaires se multiplient » Maryse Gauzet, déléguée syndicale nationale FO. « La Société générale enregistre un bénéfice de 2,79 milliards d’euros pour le premier semestre. Nous avons l’habitude de voir le groupe réaliser des résultats mirobolants. Nous voulons maintenant qu’il y ait des retombées pour les salariés. L’année passée, nous avons arraché une augmentation pérenne pour tous les employés du groupe. Nous comptons demander la même chose pour cette année. Ce qui est remarquable à la Société générale, c’est l’augmentation visible des contrats précaires. Nous voyons de plus en plus d’intérimaires et de sous-traitance. De nombreux contrats ne sont pas renouvelés et nous le dénonçons. Il nous est arrivé de demander l’embauche définitive de certains intérimaires qui avaient plus de dix ans d’expérience au sein de la banque. Par ailleurs, une véritable pression est exercée sur les salariés en contact avec la clientèle. La direction exige d’eux des résultats disproportionnés. En conséquence de ces pressions, de nombreux salariés sont découragés et dépressifs. » Total « Un partage inéquitable » Bernard Butori, coordinateur syndical UNSA. « En 1998, les bénéfices de Total étaient d’environ un milliard de dollars dans l’année. Désormais, ce chiffre, le groupe pétrolier le réalise en un mois. Depuis l’absorption de Fina-Elf, Total passe de record en record. Pour le premier semestre 2006, les bénéfices sont de 6,74 milliards d’euros. Le prix du baril assez élevé est pour beaucoup dans ces bénéfices. Il faut prendre en compte les marges du raffinage qui ne sont pas négligeables et le succès de l’apport-cession (spin-off) de la filiale chimie Arkema. Cependant, ces gains mirifiques ne sont pas à la hauteur des attentes de la Bourse. Nous considérons que Total n’est pas très engagé dans l’exploration des pistes pour le remplacement des énergies fossiles. Les bénéfices du groupe ne sont pas indécents ; ce qui l’est, c’est le rachat par le groupe de ses propres actions. L’année dernière, cette initiative a coûté quatre milliards d’euros. Pour éviter ce gaspillage, nous avons proposé l’offre gratuite de ces actions à tous les salariés du groupe partout dans le monde. La direction n’a pas accepté. Le partage des bénéfices n’est pas équitable. Pour preuve, en 2005, Total a supprimé les retraites chapeaux pour les salariés et les a maintenues pour les cadres touchant huit fois le plafond de la Sécurité sociale. Ainsi, la modique somme de 500000 euros est mise de côté chaque année pour la retraite du président du groupe, Thierry Desmarest. »

Article paru dans l'édition du 4 août 2006.

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